Une ouverture espérée pour 2009
La coopérative de santé de Cantley
à la recherche de membres
Officiellement incorporée depuis Ie 5 novembre, la Coopérative de santé de Cantley se lance dans une véritable chasse aux membres. En trois semaines, 368 personnes ont adhéré a la coopérative, et l'objectif est maintenant d'en trouver au moins 1132 autres.
En assemblee generale hier soir a l'école Rose-des-Vents, quelque 60 membres de la coopérative ont procédé a l'élection d'un conseil d'administration. Ils ont aussi été informes des démarches qui doivent être entreprises d'ici l'ouverture de la coopérative, espérée pour 2009. L'objectif ultime est d'atteindre un minimum de 1500 membres, qui doivent tous acheter dix parts sociales, a 10$ chacune.
Le trésorier du comite provisoire, Charles Vézina, a explique les grandes lignes du modèle actuellement envisage. La gestion s'oriente vers un «modèle intégré», c'est-à-dire que la coopérative serait responsable de l'infrastructure et de l'administration de la clinique, ce qui permettrait aux professionnels de la santé de se concentrer sur leurs taches médicales plutôt que sur la paperasse.
Le comite provisoire estime qu'un médecin a temps plein serait nécessaire pour la première année de fonctionnement, et un autre l'année suivante. Deux employés a temps plein seraient aussi embauches, et les prévisions laissent croire que la rentabilité serait atteinte des la troisième année.
Cote recrutement, Ie nouveau président du conseil d'administration, Claude Hébert, n'est pas inquiet. «A Cantley, on va monter une grande séduction qui va faire les manchettes! On va être capable d'aller chercher les médecins dont on a besoin. »
Les membres qui le souhaitent seront aussi appelés a s'impliquer bénévolement dans le développement de la coopérative, que ce soit pour Ie financement, les communications, l'organisation générale ou le recrutement.
La COOP SANTÉ CANTLEY voit le jour

Le premier conseil d’administration de la coop santé. De gauche à droite : Hubert McClelland, Denis Prud’homme, Lysane Lemire, Philippe Joly, Claude Hébert, Charles Vézina, Nicole Durocher, Madeleine Brunet et Lise Bertrand.
C’est le 13 novembre dernier, en présence d’environ 75 membres, que la coopérative de soins de santé de Cantley a été officiellement créée. Cette assemblée générale de fondation de la coopérative, tenue à l’école de la Rose-des-Vents, était divisée en deux parties : d’abord une séance d’information suivie d’une période de questions et, par la suite, l’assemblée générale comme telle et l’élection du premier conseil d’administration.
La séance d’information a permis aux membres du comité provisoire de la coopérative de traiter de sujets d’intérêt pour les membres et de faire connaître les grandes conclusions de l’étude de faisabilité. En introduction, Claude Hébert a rappelé les principales étapes franchies depuis que, le printemps dernier, un groupe de citoyens décidaient de se réunir pour poser les premiers jalons de ce qui allait devenir le projet concret que nous connaissons aujourd’hui.
Parmi ces étapes, il faut mentionner l’assemblée publique à laquelle une centaine de citoyens ont participé et manifesté leur appui, le soutien officiel de la municipalité, d’instances régionales et de nombreux organismes communautaires, l’obtention d’une aide financière de 8 000 $ de la caisse populaire de Gatineau pour l’élaboration de l’étude de faisabilité, un sondage auprès de la population, la collecte de fonds lors du tournoi de golf de l’Association des gens d’affaires de Cantley qui a rapporté la somme de 7 000 $, le lancement de la campagne de recrutement de membres, l’obtention de la charte provinciale et, ce soir du 13 novembre, la création officielle de la coopérative.
Denis Prud’homme a rappelé que ce sont les citoyens eux-mêmes qui se sont battus dans les années 1980 pour obtenir l’autonomie de Cantley et se doter de services bien à eux. Encore aujourd’hui, devant la détérioration des services de santé et l’absence de services sur le territoire de la municipalité, ce sont les citoyens qui se prennent en mains et décident de « s’offrir à eux-mêmes » les services de santé dont ils ont besoin.
Hubert McClelland, pour sa part, a brièvement rappelé l’histoire des coopératives et mis en lumière le foisonnement des coopératives de santé au Québec depuis quelques années en réaction à la pénurie des services offerts. Il a insisté sur le fait qu’acheter des parts sociales dans une coopérative n’est pas comme acheter des actions d’une compagnie sur le marché boursier et attendre l’évolution de l’achat. Une coopérative fonctionne bien lorsque les membres y participent activement. Aussi, il a mis chacun des membres présents au défi de convaincre une personne de devenir membre.
Julie Morin a présenté des données intéressantes sur la population de Cantley en regard des soins de santé. Par exemple, Cantley compte deux fois moins de personnes âgées (7,6 %) qu’ailleurs dans la région (11,2 %) et l’âge moyen de notre population est de 35,2 ans. Par ailleurs, un résidant sur quatre a moins de 18 ans, ce qui fait que la population de Cantley possède le taux le plus élevé de la région d’enfants par femme, soit 1,79. Un des défis majeurs sera évidemment le recrutement de personnel médical et, pour y parvenir, il faudra sans doute des ententes de partenariats avec une gamme d’institutions de santé de la région.
Madeleine Brunette a mis l’accent sur le sondage que le comité provisoire a fait en juillet dernier auprès de la population pour connaître notamment son degré d’appui au projet et le type de services souhaités. Les principaux résultats du sondage sont les suivants : 75,9 % des répondants sont insatisfaits des services de soins de santé actuels; les professionnels les plus demandés sont les médecins généralistes; on souhaite des soins à domicile et des services de physiothérapie; on voudrait des soins infirmiers et de massothérapie; les spécialités les plus recherchées sont la pédiatrie et l’orthopédie; 87 % des 116 répondants se sont déclarés prêts à devenir membres de la coopérative tandis que près de la moitié d’entre eux ont indiqué leur intérêt à s’engager comme bénévoles.
J’ai moi-même parlé de prospective et mis en évidence les principaux défis que devront relever les membres du premier conseil d’administration de la coopérative. Il s’agira d’abord d’élaborer un plan d’action précis des activités à réaliser et un calendrier d’exécution; ce sera en somme, la feuille de route du projet. Il faudra déterminer le type de services de santé qui seront offerts en fonction des besoins manifestés. Le Conseil devra choisir l’emplacement de la coop et élaborer une stratégie de recrutement à moyen et long terme. On devra également rédiger un plan d’affaires pour préciser la structure financière du projet et déterminer les sources et les stratégies de financement. Il faudra poursuivre les relations avec le CSSS des Collines et les autres intervenants professionnels et politiques du milieu et, finalement, on devra former des comités pour faire avancer les différents dossiers.
Charles Vézina, trésorier du comité provisoire, a présenté les scénarios d’implantation de la coopérative. L’option de construction d’un immeuble exigerait un minimum de 2 000 membres et des déboursés d’environ 2,3 millions $, et la rentabilité serait assurée la quatrième année. Le scénario de location requerrait une mise de fonds initiale d’environ 175 000 $ et un minimum de 1 500 membres. Le projet serait rentable après trois ans. À noter qu’on privilégie présentement l’option de la location.
Nicole Durocher a insisté sur la collaboration des bénévoles pour l’établissement de la coopérative et précisé que le comité provisoire avait créé quatre comités de travail correspondant à quatre domaines d’activités essentiels au développement du projet. Il s’agit du comité de recrutement dont l’objectif est d’atteindre le plus rapidement possible le chiffre de 2 000 membres; le comité médical, chargé notamment de l’organisation de la clinique, de la planification, du recrutement de personnel, de la création de partenariats, etc.; du comité de financement dont le mandat est essentiellement de trouver des ressources financières et de gérer les fonds; du comité de communications responsable de la publicité, des relations avec les médias, de la promotion de la coopérative, etc. Bon nombre de participants ont profité de l’occasion pour s’inscrire à l’un ou l’autre des comités.
Finalement, Gérard Bourgeois a déclaré en conclusion que le succès de la coopérative de santé devait reposer sur un esprit de coopération et une volonté citoyenne de réussir cette entreprise. « Ce ne sont pas les montants recueillis auprès des membres qui feront la coopérative, mais bien la volonté de ceux et celles qui désirent qu’elle existe, a indiqué monsieur Bourgeois, et cette volonté s’exprime justement par une coopération directe des membres. »
L’assemblée générale a eu lieu dans la seconde partie de la réunion. Les membres présents ont élu le premier conseil d’administration de la coopérative, composé de : Claude Hébert (président); Madeleine Brunette (vice-présidente); Nicole Durocher (secrétaire); Charles Vézina (trésorier); Hubert McClelland, Denis Prud’homme, Philippe Joly, Lysane Lemire et Lise Bertrand (administrateurs).
Aux dires des participants, cette soirée a été très réussie. À noter la participation de membres du Club Lions de Cantley qui ont aimablement servi des rafraîchissements.